Ne crois pas avoir de droits

couvNCPADDpf2« Il faut se trouver à l’origine de sa propre liberté pour en avoir une possession sûre, qui ne signifie pas une jouissance garantie mais la certitude de savoir la reproduire même dans des conditions moins favorables. Sexualiser l’ensemble des rapports sociaux jusqu’à leurs fondements a pour objectif de porter les femmes jusqu’à l’origine de leur liberté, avant les bouts de papier qui s’appellent lois ou constitutions, avant le mode sur lequel s’organise la production matérielle ou la recherche scientifique qui maintenant me donnent une bouteille de lait, puis une pilule, puis je ne sais quoi, avant les conventions sociales qui commandent aux hommes de respecter l’autre sexe. Avant, c’est-à-dire au niveau où la différence sexuelle reçoit sa première interprétation. « La liberté, en effet, est le seul moyen pour arriver à la liberté. » » (Librairie des femmes de Milan)

 

Ne crois pas avoir de droits est le récit d’une expérience collective. L’expérience d’un groupe de femmes qui, dans les années 1970 en Italie, cherchèrent les ressources nécessaires à l’exercice de leur liberté, prenant le contre-pied d’une logique de victimisation qui leur conseillait avant tout de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre leur émancipation. Ce livre est l’histoire de leurs victoires comme de leurs échecs, de cette recherche d’une liberté réelle et vécue plutôt que formelle et légale. La Librairie des femmes propose un chemin singulier : investir la sphère symbolique, souvent délaissée, comme lieu où puiser afin de faire éclore une puissance féminine. Ce récit ne nous invite pas tant à suivre leur chemin qu’à nous inspirer de leur démarche, à prendre conscience de la force de toute politique qui part de soi.

Ne crois pas avoir de droits [Librairie des femmes de Milan]
ISBN : 979-10-94512-02-9 / Parution : mars 2017 / 14,00€

 

En marge

 

Une présentation de l’ouvrage par Radio Rageuses
Extraits du livre sur paris-luttes.info

« Né avec la prise de conscience de la contradiction entre hommes et femmes analysée à partir de l’expérience féminine, le mouvement autonome des femmes transgressait la loi et même les lois qui se prétendaient favorables aux femmes.
Et cela parce que la pratique politique de ces groupes se basait sur d’étroits rapports matériels et discursifs entre femmes, ayant ainsi la possibilité de mettre en lumière des désirs et des besoins subjectifs enracinés dans des histoires individuelles différentes. »

Une interview des traductrices sur paris-luttes.info

« L’égalité était prônée comme mode d’émancipation de la femme, c’était ce qui devait lui offrir les même droits que les hommes. Et avoir les mêmes droits que les hommes ça signifiait à terme avoir une vie qui serait en tous points similaire à celle des hommes. Et du coup s’opposer à l’égalité c’était pour elles ouvrir des mondes possibles, que leur vies ne soient pas un pur mimétisme des vies masculines qu’elles côtoyaient déjà. D’où le titre. »