Force et malheur

 

vierge

« Quoi qu’il me soit plusieurs fois arrivé de franchir un seuil, je ne me rappelle pas un moment où j’aie changé de direction »

Comment penser une action qui soit à la hauteur du malheur ? Les textes réunis dans ce recueil se suivent chronologiquement afin d’embrasser le développement biographique d’une pensée en va-et-vient constant avec l’action politique. Elle élabore à partir de son engagement anarcho-syndicaliste une critique du marxisme qui remet en cause la foi dans le progrès et les possibilités de libération que l’industrialisation promettait. Après s’être immergée dans la vie et le quotidien des ouvriers pendant une année, elle développe une théorie de la force inspirée par la poésie grecque et occitane. La force est ce qui supprime l’humain, transforme l’homme en chose, en fait un cadavre. C’est cette violence inouïe que la politique des droits, prenant assise sur la notion abstraite de « personne », n’est pas en mesure de résoudre. Au-delà du juridique, c’est à l’élaboration d’une spiritualité politique que Simone Weil nous invite, peu de temps avant de se laisser mourir de faim. Pensée tragique qui se refuse à détourner le regard du réel, la voix de Simone Weil résonne comme un cri d’alarme épris de liberté pour réveiller nos temps aphones.

Force et malheur
[Simone Weil] A paraître janvier 2019.