Histoire contre tradition. Tradition contre Histoire.

« Savoir ce que l’on sait et ne pas percevoir comment, peu à peu, l’on sait, sera la marque chaque fois plus évidente de la culture et de l’éducation moderne »

Agustín García Calvo

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Dans cet essai d’une logique rigoureuse, Agustín García Calvo analyse le phénomène d’écrasement des traditions autonomes et collectives qu’opère le mouvement de l’histoire dans ses phases successives. La tradition s’incarne sous la forme d’une mémoire intuitive, pratique et créative, tandis que l’Histoire enracine son avancée par un mouvement d’abstraction de la vie.
 
Le lecteur est ainsi convié à percevoir sensiblement, jusqu’en lui-même, la lutte dialectique entre la dynamique historique de destruction et les élans immémoriaux de vie et de résistance qui demeurent malgré tout.
 
Conjuguant pensée et poésie, cet essai fait émerger une définition de la tradition dégagée de tout relent nationaliste et faisant écho aux luttes sociales et politiques actuelles.
 

 

Histoire contre tradition. Tradition contre Histoire.
[Agustín García Calvo]
Traduit de l'espagnol par Manuel Martinez
A paraître en février 2020

 

EN MARGE

        • « La pensée comme arme » de Miguel Amorós

          Pour expliquer ces deux phénomènes — l’Histoire et la tradition —, Agustín décrit deux types de mémoire, l’une visuelle et photographique, qu’il met en lien avec le premier ; l’autre, souterraine et séquentielle, en rapport avec le second. Cette dernière nous rapprocherait de la figure du « ça », l’océan psychique postulé par Freud et Groddeck, ou à celle de l’« inconscient collectif », le lieu selon Jung où s’accumulent les expériences ancestrales de l’humanité et s’élaborent les mythes qui font irruption dans la conscience par la porte des rêves et des visions.

        • « Contre l’idéation du Passé et la Domination » de Octavio Alberola

          L’auteur met son érudition au service d’une critique radicale de cette praxis d’idéation (les idées se formant et s’enchaînant au travers des différents champs du savoir institué par les Académies et l’Appareil Culturel des États) pour enterrer la tradition incarnée par la mémoire intuitive, pratique et créative, et pour faire de l’Histoire un savoir abstrait, désincarné – apparemment neutre et universellement valide – qui efface les réalités inhérentes à la vie et se substitue à l’expression de ses vérités sensibles.