Spartakus. Symbolique de la révolte

couv'01« On peut aimer une ville, on peut reconnaître les maisons, les rues dans sa plus lointaine et sa plus tendre mémoire ; mais c’est seulement à l’heure de la révolte qu’on appréhende vraiment la ville comme sa ville : elle est en même temps sa propre ville et celle des « autres » ; parce qu’elle est champ de bataille choisi par soi et par la collectivité ; parce qu’elle est un espace circonscrit dans lequel le temps historique est suspendu et dans lequel chaque acte vaut pour lui-même, dans ses conséquences absolument immédiates. On s’approprie davantage une ville en la fuyant ou en s’y exposant qu’en jouant, enfant, dans ses rues ou qu’en s’y promenant plus tard avec une fille. À l’heure de la révolte on n’est plus seul dans la ville. » (Furio Jesi)

Dans ce texte important inspiré par Walter Benjamin et par le jeune Georg Lukács, Furio Jesi pose la question du temps et du mythe durant les moments de soulèvement. A travers l’histoire de l’insurrection Spartakiste berlinoise, Jesi étudie minutieusement la différence entre révolte et révolution. La révolte est une suspension du temps historique, tandis que la révolution est l’inscription d’une stratégie consciente en son sein. Avec cette simple distinction et croisant l’histoire, l’analyse littéraire et la philosophie, cet opus retrouvé après la mort de Furio Jesi dans un état préparatoire, nous fait penser les faiblesses des mouvements contemporains, tout en gardant l’œil braqué sur « le chapitre des bifurcations » passées et à venir, plus que jamais ouvert à l’inconnu.

Spartakus. Symbolique de la révolte [Furio Jesi]
ISBN : 979-10-94512-01-2 / Parution : janvier 2017 / 14,00€

 

En marge

 

Entretien avec Andrea Cavalletti sur lundimatin – A l’heure de la révolte, on n’est plus seul dans la ville

La connaissance de la ville dans l’instant de la révolte coïncide pour Jesi avec le réveil collectif, c’est-à-dire avec l’expérience d’un « mythe véridique ». Si donc les mythifications et les manipulations bourgeoises maintiennent les hommes dans un état de solitude et d’engourdissement, la révolte est un instant de vérité, de « fulgurance de connaissance ».

 

Article de Robert Maggiori sur Libération – Révolte, l’instant suspendu

Une lecture très fine du rôle de la symbolique et du mythe dans le conflit social et politique, quel qu’il soit, passé ou actuel.

 

Article de Sara Minelli sur nonfiction – L’instant de la révolte

Selon Jesi, la plus grande faiblesse de l’analyse marxiste du capitalisme est justement le manque d’attention portée à la symbolique du mythe, qui seule permet de rendre compte du phénomène de la révolte.  Aussi, il se propose dans cet essai d’étudier les représentations, les images mythiques et les gestes rituels qui accompagnent l’action politique, et en particulier la révolte.